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02.03.2012 | 10:00

Le Procureur général et le Conseil d'Etat fixent leurs priorités en matière de lutte contre la criminalité

Le Procureur général et le Conseil d'Etat ont défini la politique cantonale de lutte contre la criminalité pour la période 2012-2014. La violence, les bandes organisées, le trafic de stupéfiants, les chauffards, le travail au noir et les incivilités sont les six domaines dont le Ministère public et les forces de l'ordre feront leurs priorités.

Renforcer la lutte contre les infractions qui contribuent au sentiment d'insécurité ou qui minent certains secteurs de l'économie : voilà l'objectif premier de la politique cantonale de lutte contre la criminalité qu'a élaborée le Procureur général en collaboration avec le Conseil d'Etat, conformément aux dispositions de la nouvelle loi sur la justice. Le commandement de la Police cantonale a été associé au processus d'élaboration de cette politique.

Adoptée pour une période de trois ans (2012-2014), la politique de lutte contre la criminalité fixe les efforts particuliers qui seront mis sur la poursuite pénale dans différents domaines. Sans bien sûr prétériter les activités régulières du Ministère public et de la police, ni modérer leur détermination dans des affaires importantes telles qu'homicides, infractions contre l'intégrité sexuelle, infractions économiques, protection des enfants ou encore pornographie.

Combattre la violence
La lutte contre la violence constitue la priorité numéro 1 de cette politique. D'abord, les actes de violence gratuite, facteur majeur de l'insécurité sur le domaine public, feront désormais l'objet d'un examen systématique d'une mise en détention de leurs auteurs. Ensuite, les menaces et violences contre les représentants des pouvoirs publics - du policier à l'enseignant en passant par le personnel médical des urgences et les représentants des autorités politiques locales - entraîneront un durcissement des peines requises. Autre point minant régulièrement la sécurité de l'espace public, la violence dans le cadre de manifestations sportives sera combattue par la mise en garde à vue des auteurs et leur comparution le lendemain avec à la clé le prononcé d'une décision dans les plus brefs délais. Enfin, les cas de violence domestique seront systématiquement dénoncés au Ministère public, qui procédera dans tous les cas à l'audition des personnes concernées et accentuera sa collaboration avec des spécialistes en matière de thérapie.

Quatre des cinq autres priorités visent également à maintenir la plus grande sécurité possible sur le domaine public. C'est le cas de la lutte contre les bandes organisées, qu'elles œuvrent dans le domaine des stupéfiants, des vols, des brigandages ou de la traite d'êtres humains. Ça l'est aussi de la lutte contre le trafic de stupéfiants, non seulement au niveau des bandes, mais aussi à celui des petits dealers actifs dans la rue. Autre facteur désécurisant pour la population, les incivilités de toutes sortes (dommages à la propriété, comportements bruyants de nuit, injures ou menaces, etc.) feront l'objet d'une accélération de la procédure, afin que les sanctions, même modestes, interviennent rapidement. La lutte contre les chauffards - hautes vitesses, alcool ou stupéfiants au volant - sera également accentuée et le séquestre du véhicule sera plus fréquemment examiné dans les cas graves.

Enfin, le Ministère public renforcera sa lutte contre le travail au noir, notamment par une meilleure coordination des autorités concernées.

Renforcement du Ministère public
Les incidences financières et en personnel de cette politique de lutte contre la criminalité demeurent limitées. Il est prévu de constituer au sein de la police une cellule spécialisée dans la lutte contre le travail au noir. Quant au Ministère public, il sera confronté à un surcroît de travail en raison des auditions systématiques en cas de violence domestique (environ 200 auditions supplémentaires par an) et des interventions régulières le week-end dans le cadre de la lutte contre la violence lors de manifestations sportives. Le Conseil d'Etat a en conséquence autorisé une légère augmentation (1,5 EPT) des effectifs du Ministère public dès 2013.